Retour sur le Tour de France ISO 26000 de l’AFNOR

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La norme ISO 26000 est une norme relative à la responsabilité sociétale des organisations. En d’autres termes elle énonce des principes de développement durable aux organisations.

L’AFNOR, en bonne représentante, s’est fixée de faire le tour de France des régions pour présenter aux entreprises la teneur de ce nouveau référentiel afin de leur permettre de comprendre, déployer et d’évaluer leur démarche de responsabilité sociale.

Nous faisons donc le point sur la présentation de l’ISO 26000 faite à Nîmes le 28 septembre 2010.

Il est à noter que 93% des pays membres de l’ISO ont approuvé cette norme pour laquelle les travaux ont débutés dès 2005. Parmi les opposants, on notera, les Etats-Unis (étonnant ?), le Luxembourg ou encore la Turquie.

Cette norme est le résultat du travail de plusieurs organisations telles que l’Organisation Internationale du Travail (OIT), l’OCDE, Le Pacte Mondial. Nous sommes donc ici sur un référentiel dépassant les frontières techniques de l’ISO.[note_box]

Les objectifs de cette norme sont de :

1. Guider les organismes dans la prise en charge des responsabilités sociétales.
2. Proposer un cadre pour :
– permettre la responsabilité sociétale ;
– identifier et dialoguer avec les parties prenantes ;
– crédibiliser la communication à propos de la responsabilité sociétale.

3. Valoriser les résultats obtenus.
4. Améliorer les liens avec les clients, par un accroissement de la satisfaction et de la confiance.
5. Faire la promotion d’une terminologie unique au sujet de la responsabilité sociétale.
6. Assurer la cohérence avec les documents existants et les autres normes ISO.[/note_box]

La RSE (responsabilité sociale des entreprises) et la norme ISO 26000 permet de déterminer les domaines d’action pertinents à partir des impacts des activités et décisions en considérant de manière systématique et globale les 7 questions centrales :

  • La gouvernance de l’organisation,
  • Les droits de l’Homme,
  • Les relations et les conditions de travail,
  • L’environnement,
  • La loyauté des pratiques,
  • Les questions relatives aux consommateurs,
  • Les communautés et le développement local.

Les étapes de la démarche :

  1. Réaliser le diagnostic de sa structure pour identifier les priorités,
  2. Déployer les actions liées à la responsabilité sociale au sein de l’organisation,
  3. Communiquer sur la responsabilité sociale.
 

1. Réaliser le diagnostic de sa structure pour identifier les priorités

1.Déterminer le périmètre de la démarche et les contours de la responsabilité sociétale de l’organisation (§7.2), y compris dans la sphère d’influence (§7.3).
2. Identifier les attentes des parties prenantes de l’organisation (§5).
3. Déterminer la pertinence et l’importance des domaines d’action (§7.3) :
– Grâce à la « bibliothèque » des thèmes de la RS (§6)
– Des attentes des parties prenantes
– De la réglementation

4. Établir les priorités d’action en intégrant les moyens, les contraintes et opportunités de l’organisation.

 

2. Déployer les actions liées à la RS au sein de l’organisation

1. Définir les grandes orientations (§742).
– Revisiter ses valeurs, à l’aide des principes de la RS (§4)
– Établir sa politique.Décliner les orientations en objectifs et plans d’actions : Intégration (§741).
– Mettre en œuvre les plans d’actions, y compris exercer l’influence.
– Actualiser les processus et procédures.Sensibiliser et développer les compétences en interne (§7.4.3).
– Sensibiliser à la RS.
– Former aux nouvelles compétences nécessaires (techniques, managériales).

3. Amélioration continue.
– Surveillance / indicateurs
– Performance RS.

Cette approche n’est pas sans nous rappeler le principe d’amélioration continue avec le PDCA.

 

3. Communiquer sur la responsabilité sociale

1. Pour rendre compte et établir une base pour le dialogue avec les parties prenantes.
2. Communication exacte, accessible, actualisée, complète…
En interne avec les collaborateurs, les équipes :
– Sur les impacts des activités,
– Sur les objectifs, les résultats.

En externe avec les parties prenantes externes, le public, etc…
– Sur le respect des engagements de l’organisation
– Sur la prise en compte des attentes des parties prenantes

En utilisant les médias disponibles (rapport Développement Durable, site Internet, etc…)

Si l’on cherche du côté des bénéfices pour nos organisations, on pourra noter :
1. Un investissement pour une meilleure maitrise des risques
2. Une meilleure capacité d’anticipation et de résistance
3. L’émergence de nouveaux modes de garantie et de reconnaissance appuyés sur une collaboration et un dialogue avec les parties prenantes

En trois mots : pérennité, confiance, cohérence.

Laissons la conclusion à Monsieur Gauthier, président de la commission Responsabilité Sociétale à l’AFNOR : « la 26000 n’est pas un document amené à faire l’objet de certifications, c’est un document qui tiendra compte de la diversité des situations. […] C’est un outil de progrès dans une logique de responsabilité sociétale et de progrès permanent et participatif, respectueux de l’environnement, respectueux des agents, et des hommes et des femmes à l’extérieur, tout en assurant la pérennité économique. Nous sommes dans une logique d’ouverture et d’évolution de culture. »

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À propos de l'auteur:

Jérémy CICERO | Responsable et auteur du Qualiblog | Consultant, Formateur, Auditeur ICA | Auteur aux Editions Techniques de l'Ingénieur | Dirigeant de Qualisphère, société éditrice du logiciel Qualishare pour le pilotage des systèmes QHSE | Cliquez ici pour plus d'informations sur l'auteur.
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