Développer son assertivité pour conduire les démarches de management

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« Je veux que mes amis soient mes amis et non pas mes maîtres ; qu’ils me conseillent sans prétendre me gouverner : qu’ils aient toutes sortes de droits sur mon cœur, aucun sur ma liberté. » Jean-Jacques Rousseau.

Être assertif (du verbe anglais, to assert) c’est à la fois savoir s’affirmer, défendre ses convictions, respecter celles des autres, donner son opinion calmement même en milieu « hostile », se prononcer avec sérénité…

Plus qu’une technique, l’assertivité recouvre un réel état d’esprit qu’il est nécessaire de développer pour entreprendre et réussir des démarches d’amélioration qui demandent de gros efforts de remise en question et donc parfois difficilement acceptées par les équipes.

Être assertif c’est jouer carte sur table sans craindre le face à face tout en négociant sur la base d’objectifs réalistes et en fondant son rapport à l’autre sur la confiance plutôt que sur la domination ou le calcul.

Bien qu’utile au quotidien, l’assertivité se révèle particulièrement précieuse pour le pilotage des démarches de progrès.

Voyons donc quelles sont les étapes à franchir pour devenir « assertif » et se doter des outils qui permettront de faire adhérer les équipes au changement…

1. Affirmer ses droits en respectant ceux des autres

« C’est une belle histoire que vous nous racontez-là mais impossible à mettre en œuvre dans les faits, car chez nous, c’est particulier… », voilà le type de discours négatif que l’on peut attendre dans les entreprises. Ces discours sont tenus par les craintifs, les plus réticents au changement, qui se complaisent dans une certaine habitude.

Dans ce cas, l' »assertif » répondra « pourquoi ne pas essayer une nouvelle façon de faire, certes peu habituelle, je vous l’accorde… et de tester son efficacité pour voir… ».

2. Savoir critiquer tout en sachant utiliser les critiques

Les démarches d’amélioration induisent la critique objective et constructive de l’organisation initiale pour pouvoir identifier les vecteurs de progrès.

Si, dans l’absolu, les critiques devraient rester constructives, la vie de l’entreprise ne déroge pas aux règles qui régissent les comportements humains. Il arrive ainsi que les critiques soient injustifiées ou non fondées. Dans ce cas, il convient d’appréhender le désaccord de la manière suivante :

  1. Décrire le problème
  2. Expliquer les raisons du désaccord
  3. Suggérer des solutions réalistes
  4. Présenter les effets positifs de ces solutions
  5. Négocier des compromis entre désirs et réalité (fixer des objectifs SMART, ambitieux et réalistes)

3. Quelques techniques et outils

La technique dite du « disque rayé » peut être considérée comme une technique commune d’assertivité. Elle consiste simplement à répéter une requête à chaque fois que l’on est confronté à une résistance illégitime.

La technique dite du « Fogging » consiste à commencer par trouver un terrain d’entente en isolant des points sur lesquels un accord est envisageable, avant de contredire la partie du discours à laquelle on s’oppose. A l’inverse des politiques qui commencent par critiquer les points de désaccord en ne créant donc pas un climat propice à l’échange et à la construction.

En conclusion

La plupart des personnes qui découvrent le concept d’assertivité passent, comme dans toutes les démarches de changement, par des moments de lassitude et de découragement. Rien de plus normal. Il est en effet plus facile de ne rien changer, nous connaissons tellement bien les rouages de nos anciens comportements. Mais le véritable enjeu, devenir soi-même, n’a pas de prix !

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À propos de l'auteur:

Jérémy CICERO | Responsable et auteur du Qualiblog | Consultant, Formateur, Auditeur ICA | Auteur aux Editions Techniques de l'Ingénieur | Dirigeant de Qualisphère, société éditrice du logiciel Qualishare pour le pilotage des systèmes QHSE | Cliquez ici pour plus d'informations sur l'auteur.
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